L’IA va-t-elle remplacer les développeurs ? Interview avec Thomas Servet
🎙️ Podcast Interview

L’IA va-t-elle remplacer les développeurs ?

Interview exclusive avec Thomas Servet, développeur senior devenu expert IA, qui partage sa vision sur l’avenir du métier de développeur à l’ère de l’intelligence artificielle.

📅 Code and Spaghetti ⏱️ 1h16 d’interview 👤 Invité : Thomas Servet
TS

Thomas Servet

Développeur Senior • Expert IA • Freelance

20 ans d’expérience en développement logiciel. Passé par Orange, Crédit Agricole et Groupe AMA. Co-fondateur d’une startup dans la mobilité hydrogène. Depuis 2024, spécialisé dans l’accompagnement de startups intégrant l’IA dans leurs produits.

👨‍🍳 Comment expliquer son métier à un enfant de 10 ans ?

« J’écris des recettes de cuisine pour les ordinateurs. Je prends des ingrédients qui sont des technologies, je les mélange ensemble, et avec ça j’essaie de construire un logiciel qui va permettre de réaliser des actions pour les utilisateurs. »

🎯 Le contexte : Une révolution en marche

Quand ChatGPT est arrivé fin 2022, Thomas Servet a rapidement compris qu’un changement majeur allait bouleverser son métier de développeur. Plutôt que de subir cette vague, il a décidé de la surfer en se spécialisant dans l’IA dès début 2024.

« J’ai voulu comprendre cette technologie, la prendre en main et surfer un maximum sur la vague. Enfin, prendre la vague dès le départ et pas me faire écraser sans comprendre ce qui se passe. »
— Thomas Servet

Aujourd’hui, il accompagne principalement des startups dans l’intégration de l’IA dans leurs logiciels. Son projet phare du moment illustre parfaitement cette nouvelle ère du développement.

📸 Cas concret : Le SaaS de mannequins IA

Thomas travaille actuellement sur un projet fascinant : un SaaS de génération d’images avec des mannequins créés par IA, fondé par deux photographes professionnels.

Projet en cours

L’intelligence métier au cœur du produit

L’objectif est d’intégrer tout le savoir-faire des photographes et directeurs artistiques dans l’IA : la gestion de la lumière, la cohérence des scènes en fonction des campagnes, la qualité « haut de gamme » attendue par les clients du e-commerce mode.

« On essaie d’intégrer dans l’IA toute l’intelligence du métier des photographes et des directeurs artistiques pour générer des photos de qualité quand même assez haut de gamme. »

L’équipe pluridisciplinaire

Thomas ne travaille pas seul sur ce projet. L’équipe comprend des profils artistiques dédiés à la création de prompts adaptés pour atteindre la qualité attendue. C’est cette combinaison technique + métier qui fait la différence.

L’histoire du « Schmilblick » et la salvation par Imagen

Avant la sortie d’Imagen de Google, l’équipe galérait avec un workflow ultra-complexe pour atteindre une qualité satisfaisante :

1 Enchaîner plusieurs modèles de génération d’images
2 Générer 4 images à la fois
3 Utiliser un modèle de vision pour sélectionner la meilleure
4 Agrandir l’image
5 La recouper… et recommencer

Résultat ? « C’était un schmilblick assez compliqué. On n’arrivait pas du tout à atteindre la qualité qu’on souhaitait. »

Puis cet été, Imagen de Google est sorti. « Il est super puissant et ça nous a résolu tous nos problèmes. On a passé un mois ou deux à se prendre la tête avec des workflows complexes, et un modèle est sorti qui nous a raisonnés. »

🔄 La course aux modèles

« Google était très mal parti. On les avait donnés morts assez rapidement. Ils sont revenus de manière très impressionnante. Gemini 3 explose quasiment tous les modèles sur les benchmarks… Bon, il y a Claude qui est sorti aujourd’hui et qui a dû repasser devant. Comme quoi ça évolue tous les jours ou toutes les semaines quasiment. »

💡 La thèse centrale : L’IA va remplacer les développeurs

Position assumée
Thomas est catégorique : l’IA va remplacer les développeurs, si ce n’est déjà fait. Le travail de base du développeur — écrire des lignes de code — est déjà très bien réalisé par l’IA.
« Le travail du développeur, le travail de base, c’est-à-dire écrire des lignes de code, l’IA sait le faire plutôt très bien. Donc je pense que sur cette partie-là, le métier de développeur n’a plus de valeur ajoutée. »
— Thomas Servet

Ce que l’IA fait déjà très bien

  • Écrire des lignes de code à un niveau meilleur qu’un développeur junior
  • Lire et comprendre la documentation technique
  • Rechercher des solutions sur internet
  • Générer de la documentation de code (une tâche que les devs détestent !)
  • Faire de l’autocomplétion intelligente
  • S’autocorriger en temps réel quand elle détecte une erreur

Ce qui reste humain (pour l’instant)

  • La factorisation du code : Organiser le code pour éviter les répétitions, l’orchestrer intelligemment. « L’IA n’est pas très forte là-dessus. »
  • La compréhension métier : Injecter correctement le besoin du client dans les informations données à l’IA
  • L’UX/UI créative : Les interfaces générées sont souvent génériques et manquent de vraie direction artistique
  • La supervision : Vérifier que l’IA part dans la bonne direction et la corriger

🛠️ Les outils du quotidien

Thomas travaille quotidiennement avec des outils d’assistance au code. Voici son arsenal :

⌨️
Cursor
IDE principal pour coder
🤖
Claude Code
Scripts et comparaisons
🎨
Lovable / V0 / Base44
Génération de sites
🖼️
Imagen (Google)
Génération d’images

Comment fonctionne Cursor en pratique ?

Thomas décrit l’interface en trois zones :

À gauche : La liste des fichiers qui contiennent le code
Au milieu : Le code en cours de modification
À droite : Une barre de chat pour discuter avec l’IA

« Tu vois en temps réel ce qu’elle est en train de faire. Elle va t’afficher le plan d’action qu’elle va suivre. Ensuite, action par action, elle te dit qu’elle est en train de la réaliser et tu vois les lignes de code s’afficher dans ton éditeur. C’est en live. À la fin, toutes les lignes modifiées ou supprimées sont mises en couleur donc tu les repères facilement. »

✍️ Le quotidien a changé

« Moi j’écris plus beaucoup de lignes de code. Aujourd’hui mon quotidien ça consiste à dire à l’IA ce qu’il faut faire, la guider, lui donner les bonnes informations, la corriger quand elle fait pas les bonnes choses, et puis tester. C’est un travail en binôme avec son ordinateur. »

🎯 Exemples concrets de développement assisté

Exemple 1

Ajouter un bouton « J’aime » aux photos

Thomas avait préalablement créé le modèle de données. Il a simplement demandé : « Utilise le modèle que j’ai créé précédemment et implémente la fonctionnalité de liker les images. »

Résultat : En 2 à 3 minutes, le bouton en forme de cœur était au bon endroit, fonctionnel. « Entre le moment où j’ai posé la question, j’ai cliqué sur le bouton et le résultat où j’ai pu tester, c’était 3 minutes. »

Exemple 2

Migration d’une librairie audio

Thomas travaillait sur un player audio et devait migrer vers une API plus avancée. Problème : il n’avait jamais développé de player audio de sa vie.

« Si j’avais voulu le faire tout seul, j’aurais dû aller voir la doc, comprendre comment la nouvelle librairie fonctionnait, comment l’implémenter… Ça m’aurait pris un jour ou deux. »

Avec l’IA : Il a juste donné le nom de la librairie et demandé de basculer vers la nouvelle API. « Il me l’a fait en 1 heure. C’était du code, il y avait beaucoup de lignes de code à changer. »

Nicolas : « Tu as besoin de spécifier l’endroit où il le fait ? »
Thomas : « Ce que je fais, c’est que j’ouvre le fichier du code où je veux qu’il implémente le code. Cursor le voit automatiquement et il sait où il doit partir. »

🤯 Les hallucinations de l’IA

L’IA peut parfois « fabuer » ou « halluciner » — c’est-à-dire générer des informations fausses qu’elle a inventées.

Exemples d’hallucinations
  • Installer des librairies dans des versions qui n’existent pas
  • Utiliser des arguments ou paramètres dans le code qui n’existent pas
  • Mal comprendre le contexte et le besoin qu’on lui explique
« L’IA, c’est son fonctionnement intrinsèque : elle génère du texte. Et quand elle n’a pas la réponse, elle a tendance à écrire des choses fausses. C’est pour ça qu’il y a toujours cette étape de supervision de ce qu’elle est en train de faire. »
— Thomas Servet

Comment l’IA s’autocorrige

Heureusement, l’IA peut détecter et corriger ses propres erreurs :

« Le code est vérifié en temps réel par l’éditeur. Si on a mal écrit une ligne, ça apparaît en rouge. L’IA le voit et donc quand elle le voit, elle le corrige. Elle va dire ‘Ah oui, je me suis trompée de version, je vais utiliser la nouvelle version’. »

📊 Les chiffres clés

30-50%
Gain de productivité
👥
5 → 1
Équipe réduite
⏱️
2-3 min
Fonctionnalité simple
🧮 Pourquoi pas 100% de gain ?

« Il y a quand même une réflexion en amont que tu dois avoir. Même si tu la laisses faire, tu réfléchis quand même en amont de comment tu veux le faire. Après, tu la laisses faire et tu vérifies. Et puis tu as les tests que tu dois toujours faire. Et l’IA, c’est pas non plus instantané — c’est plus rapide que toi quand tu écris du code, mais sur quelque chose de conséquent, il y a le cheminement de réflexion puis la compilation qui peuvent prendre du temps. »

« Ce que tu faisais avant avec une équipe de cinq développeurs, aujourd’hui tu le fais avec un développeur. »
— Thomas Servet

🚀 L’expérience Lovable : bluffant… puis frustrant

Nicolas, l’animateur du podcast, partage son expérience avec Lovable, un outil de génération de sites web par IA.

Nicolas : « J’ai testé Lovable. C’est assez bluffant. En quelques lignes, ‘Fais-moi un site, je suis boulanger, pour montrer mon savoir-faire et les produits que je vends’, il propose plein de choses avec du responsive by design… »
Thomas : « Il y a Lovable, il y a Base44, il y a V0… Ça marche très bien. C’est impressionnant. Des personnes qui ne sont pas développeurs prennent en main ces outils et arrivent à créer des applications qu’elles n’auraient jamais pu faire il y a 2 ans. »
⚠️
Mais attention aux limites
« Les premiers jets sont très impressionnants. Et après, quand on veut la faire évoluer, c’est plus difficile. C’est très frustrant. Les premiers jets sont vachement bluffants, mais vite, parce que tu es un peu pointilleux, tu veux changer des choses pas optimisées, tu lui demandes ça et là il a du mal à identifier. »

Le problème fondamental : « Quand on n’est pas développeur, si on veut faire évoluer cette application ou lui faire faire des choses qu’elle ne fait pas, on a du mal à lui expliquer parce qu’on ne sait pas ce qu’il faut modifier. On ne sait pas ce qu’il y a derrière. »

💡 Prédiction optimiste

« Je pense que dans quelques mois, quelques années… enfin avec la vitesse d’évolution, c’est peut-être quelques mois plutôt que quelques années, tout ça sera résolu. »

💻 Les langages qui fonctionnent bien (et ceux qui galèrent)

✅ Fonctionne très bien ⚠️ Plus difficile
JavaScript – Front & Backend Prestashop/PHP – Peu de données
Python – Backend & IA Frameworks niches – Doc rare

L’exemple révélateur de Prestashop

« J’ai un client qui a un e-commerce en Prestashop. Déjà toi, quand tu cherches sur le web trouver des informations sur la bonne version de Prestashop, c’est difficile. »

« Tu te rends compte que même l’IA a du mal parce qu’en fait il n’y a pas beaucoup d’information sur le web sur ce langage ou ce framework. Il n’y a pas de très bonne qualité. Et du coup quand tu demandes à l’IA, bah elle a du mal aussi. »

La règle d’or : « Si l’IA est mauvaise sur un point, c’est juste qu’elle n’a pas eu les bonnes données sur Internet. »

Vers un langage optimisé pour l’IA ?

Thomas prédit l’émergence de nouveaux langages :

« Aujourd’hui les langages de logiciel ont été créés pour les humains. C’est du code qu’on lit avec des mots en anglais, en français, compréhensibles de tout le monde. Mais c’est sûr qu’à terme, on va créer un langage qui ne sera que pour l’IA, optimisé pour l’IA, et qu’on n’aura plus besoin de comprendre. »
— Thomas Servet
📄 Ça existe déjà un peu

« Sur les sites internet, on peut faire des fichiers Markdown qui sont destinés à l’IA pour que ChatGPT ou Claude, quand il vient scraper ton site, puisse scraper une version vraiment adaptée. »

🎨 Le point faible : l’UX/UI créative

Thomas identifie clairement une limite actuelle de l’IA : la création d’interfaces originales.

« En fait, on se rend compte que les interfaces, elles sont quand même un peu toutes les mêmes et on comprend comment c’est fait, comment c’est guidé. Moi, j’ai du mal aujourd’hui quand je travaille avec des graphistes qui créent des interfaces de toute pièce, qui ont une vraie DA, une direction artistique, qui veulent vraiment véhiculer quelque chose derrière. C’est dur encore à reproduire. »
— Thomas Servet
Test MCP Figma

Même avec Figma branché à Cursor…

« Même quand on branche l’IA dessus aujourd’hui avec les MCP (des moyens de brancher des IA à des logiciels existants), je trouve que ça fait 70% du travail. Il y a les 30% restants qui ne sont pas faits et c’est embêtant. »

Thomas pense que ce n’est pas une limitation intrinsèque de la technologie, mais plutôt un manque de données d’entraînement sur ce qu’est vraiment l’ergonomie et une bonne interface utilisateur.

🚫 Le mythe du « On branche l’IA et ça marche »

Réalité terrain

Thomas démonte une idée reçue très répandue chez les décideurs : « Tous mes clients pensent que ça va se faire en 2 semaines. On va pluguer l’IA sur leurs données et tout va fonctionner. Mais ça ne marche jamais comme ça. »

Le piège du POC vs la Production

« C’est vrai que ChatGPT quand on voit, c’est super impressionnant et donc on pense que ça va tout faire. Dans la réalité, on va monter un POC (proof of concept) et qui va fonctionner parce que les POC, ils marchent toujours bien. »

« Mais quand on va vouloir le mettre en production, là on va complètement déchanter parce que c’est beaucoup plus complexe quand on arrive avec des cas réels. On met le produit dans la main des utilisateurs et là ça marche beaucoup moins bien parce que l’IA ne s’est pas entraînée là-dessus. »

« Il y a plein de cas qu’on n’avait pas prévu. Et en fait l’IA peut partir dans toutes les directions. Si on n’a pas prévu ces cas en amont, elle va partir n’importe comment. Et ça on le verra qu’en production. »

Les coûts cachés de l’IA

  • Préparation des données : « Des données de mauvaise qualité, c’est des résultats mauvais en sortie de l’IA. C’est la règle d’or. »
  • Intégration métier : « Réussir à intégrer l’intelligence métier dans l’IA comme le veut le client, c’est un travail en soi. »
  • Supervision continue : « C’est comme un employé, il faut surveiller ce qu’elle est en train de faire, vérifier qu’elle fait pas n’importe quoi. »
  • Coûts API : « On pense que ça coûte pas cher avec l’abonnement à 20€/mois. Mais quand on utilise les API avec des milliers d’appels, là ça commence à chiffrer réellement. »
  • Infrastructure : « Les coûts d’infrastructure, c’est ce qui va exploser. »
« C’est comme si tu rajoutais une personne dans ton équipe super intelligente avec plein de données dans sa tête et qui est capable de faire beaucoup de choses. Mais si tu ne la guides pas, elle va faire beaucoup de n’importe quoi. »
— Thomas Servet

🔮 L’avenir du métier de développeur

La fusion Produit / Technique

Thomas prédit une convergence entre les équipes techniques et les équipes produit.

« Je me demande si ce ne sont pas les équipes produit qui vont prendre en main les IA plutôt que les devs qui vont remonter vers le produit. Parce que l’IA est très forte sur la partie technique. Donc c’est la partie technique qui a moins de valeur ajoutée chez le développeur. Autant prendre quelqu’un qui est très fort en produit et qui peut se faire aider de l’IA pour faire la partie technique. »
— Thomas Servet
Le développeur devient orchestrateur
« Le métier au quotidien, ça consiste à orchestrer différents agents IA qui font du code. Avec Claude Code, tu peux créer différents agents spécialisés : un pour le front, un pour la base de données… Tu deviens très vite un lead dev qui dispatche des tâches à son équipe d’agents. »
Nouveau métier : Context Engineer
« Quand l’IA est arrivée, on a dit qu’il y avait un nouveau métier : le prompt engineer. Maintenant c’est le context engineer. C’est l’art d’envoyer le bon contexte à l’IA, savoir quelles données on garde dans notre historique ou pas. »
Interfaces générées en temps réel
« Le CEO de Nvidia prédit que les interfaces utilisateur aujourd’hui codées dans des logiciels seront générées en temps réel par des IA. »

Le retour paradoxal de l’humain

🎤 La coach en prise de parole et les développeurs

« Je discutais avec une coach en prise de parole. Elle m’expliquait que depuis l’arrivée de l’IA, elle coachait pas mal les équipes de dev. Elle se rendait compte que ce qui allait différencier les bons développeurs des mauvais, c’est la parole et le fait de pouvoir s’exprimer correctement et dialoguer correctement avec son équipe ou les clients. »

« On va passer moins de temps devant nos machines parce qu’on aura moins besoin de les utiliser. Et donc on aura plus besoin de communiquer entre nous pour construire des choses. Parce que si on veut construire des logiciels ou des entreprises qui se différencient, il faut réussir à les créer en innovant ensemble. »
— Thomas Servet

La différenciation passera par la créativité, la compréhension fine du besoin utilisateur et l’empathie. « Ceux qui vont se démarquer, ça va être les plus créatifs et les plus précis, ceux qui auront mieux compris leurs clients, les plus empathiques. »

👶 La position délicate des juniors

Thomas observe une réticence surprenante des jeunes développeurs à utiliser l’IA.

Observation terrain

Les deux freins identifiés

  • L’envie de faire soi-même : « Ils débutent leur métier, ils veulent faire les choses. On adore écrire des lignes de code en tant que développeur. C’est la base de notre métier, on a envie de le faire. »
  • Le scepticisme : « Ils n’ont pas encore pris conscience que oui, ça faisait le job, que oui, ça fonctionnait vraiment. »
🤝 Le framework « Mob AI »

« Il y a même un framework qui s’est développé pour ça. C’est du Mob AI. En gros, tu demandes à quelqu’un dans l’équipe d’avoir cette tâche d’utiliser l’IA pour résoudre le problème de l’équipe. »

Conseil aux juniors

« Se forcer à tester l’IA. Réfléchir en amont à comment ils feraient, puis vérifier si l’IA le fait bien. Ça permet d’avoir des réponses à des questions beaucoup plus rapidement et de se faire sa propre opinion sur le sujet. Il n’y a pas de meilleur exemple que par l’usage. »

Le dilemme existentiel

La question reste ouverte : si les juniors apprennent en étant assistés par l’IA, cela ne casse-t-il pas leur capacité à comprendre la logique derrière ?

« Est-ce qu’on aura besoin de comprendre dans 5 ans ce que génère ce code ? Je sais pas. C’est pour ça que c’est compliqué pour les juniors, parce que dans 2 ou 5 ans, on sait pas où est-ce qu’on sera exactement. Ma vision, c’est qu’on n’aura plus besoin de générer du code. L’IA sera très forte et écrira du code de qualité qu’on n’aura plus vraiment besoin de comprendre. »
— Thomas Servet

🏢 L’impact sur les ESN et les équipes

Nicolas : « Je me mets à la place d’une ESN qui fournit une équipe de dev. Comment elle réagit ? Dans ma dev team avant on était un lead dev et 7 devs, maintenant on met un lead dev et un dev ? »
Thomas : « Elle a toujours de la valeur ajoutée, mais moins sur la conception logicielle. Par contre dans l’accompagnement client, c’est là où elle peut se renforcer. Être plus proche de son client, avoir des équipes qui sont plus au quotidien à discuter avec le client, comprendre ce qui marche, ce qui marche pas. »
👤 La fin du « dev dans sa cave »

« Ça va casser le mythe du développeur dans sa cave qui code la nuit. On va moins voir ça. C’étaient des traits de personnalité qu’on avait souvent chez les développeurs, un peu solitaires. Et là la valeur ajoutée, elle va se situer sur l’ouverture, comprendre le besoin, le raisonnement, en parler. »

🎯 Les autres métiers impactés

Thomas identifie plusieurs professions qui seront touchées par cette révolution :

🎨
Graphistes
« J’avais peur pour eux »
🧪
Testeurs QA
Automatisation en cours
📢
Marketing
« 1h = 1 mois de contenu »
🤖
Métiers manuels
Via la robotique + IA
🤖 La robotique arrive

« Les derniers métiers à être touchés, ce seront les métiers très manuels. Mais il y a la robotique qui arrive ! À part le robot russe qui s’est emmêlé les pinceaux sur scène et qui est tombé en démo, il y a eu deux-trois sorties côté américain et chinois. Ça fait presque peur. »

« On rigolait un peu quand Elon Musk avait présenté ses robots qui faisaient des cocktails et qui étaient téléopérés à distance. Mais je pense que oui, il suffit de les entraîner et ça va amener des grosses révolutions. L’IA plus la robotique, ça va faire des choses incroyables. C’est peut-être la prochaine grosse révolution, l’association de ces deux domaines. »
— Thomas Servet

⚡ Évolution ou Révolution ?

Nicolas : « Est-ce que c’est juste une évolution classique du métier ? Comme quand on est passé de certains langages au Cloud au DevOps ? »
Thomas : « C’est une évolution qui est un peu brutale quand même. Avant, on écrivait des opérations dans des adresses mémoire. Ça, aujourd’hui, plus grand monde ne sait le faire. »
🔥
Le verdict
« Non, pour moi c’est une révolution. Faut regarder les choses en face. C’est trop rapide et ça remplace trop de tâches pour dire que c’est une simple évolution. Ça remplace une trop grosse partie du métier de développeur. Donc c’est plus une révolution qu’il faut accepter. »

📚 Pour rester à jour

Face à un domaine qui évolue tous les jours, Thomas recommande de suivre des personnes clés sur X (Twitter).

💡 L’approche pragmatique

« C’est impossible de rester à jour soi-même en faisant des recherches. Il y a des nouveautés dans l’IA tous les jours. Donc suivre quelques personnes clés — par exemple les équipes de Hugging Face qui communiquent pas mal sur X — ça permet de voir un peu tout ce qui se passe et de rester à jour. »

« Pas forcément d’aller tout tester parce que ça demande beaucoup de temps, mais au moins de voir qu’il y a des nouveaux langages, des nouveaux modèles de vision, des nouvelles choses possibles. »

🎬 En résumé

Cette interview avec Thomas Servet dessine un futur où le développeur traditionnel, celui qui écrit des lignes de code toute la journée, est en voie de disparition. La valeur se déplace vers la compréhension métier, l’empathie utilisateur, et l’orchestration intelligente des outils IA.

Pour Thomas, ce n’est pas une simple évolution mais une révolution qu’il faut accepter et anticiper. Les POC impressionnants ne doivent pas masquer la complexité réelle de mise en production.

Le paradoxe ? Cette transformation technologique nous ramène finalement vers plus d’humain, plus de communication, et plus de créativité. Comme le dit Thomas : « On va passer moins de temps devant nos machines et plus de temps à communiquer entre nous pour construire des choses. »

🎬 Regarder l’interview complète

Interview Code and Spaghetti - L'IA va-t-elle remplacer les développeurs ? ▶ Voir sur YouTube — Code and Spaghetti

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Disponible sur toutes les plateformes audio

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